Tout commence dans le nord de Londres pour Bellah. Peu de temps après sa naissance, sa mère dĂ©cide de l’inscrire dans une Ă©cole de théâtre musical, elle tombe alors  immĂ©diatement amoureuse de la scène. Mais c’est Ă  17 ans qu’elle commence Ă  crĂ©er sa propre musique. Elle travaille alors pour de grands noms de l’industrie  tels que Liv Dawson et Courage. Son style d’Ă©criture rappelle sans nul doute celui de Bibi Bourelly ou encore de Nija Charles, authentique mais mĂ©lodique. Aujourd’hui âgĂ©e de 24 ans, elle Ă©crit, compose et interprète pour notre plus grand plaisir !

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En 2019, elle balance une première petite bombe dans le monde du Rn’B  : “Last train home“. Ce premier EP n’aura pas le succès escomptĂ© mais dĂ©jĂ  sa voix  de haut niveau  et ses instrus clairement inspirĂ©s des annĂ©es 2000 ne laissent prĂ©sager que du bon pour nos oreilles.

L’artiste, d’origine nigĂ©rienne, dĂ©cide alors de ne rien lâcher et travaille dur pour faire connaĂ®tre au monde, son talent, sa voix et son univers. Elle revient donc en force Ă  l’étĂ© 2020 avec “In the meantime “. L’EP propose quatre morceaux de R&B simples mais somptueux, qui se fondent parfaitement les uns dans les autres pour crĂ©er une Ă©coute très relaxante. Intimiste et suintant d’une Ă©tincelle R&B sexy, “In The Meantime” raconte l’histoire d’une relation qui se dĂ©veloppe, comme si nous lisions les pages d’un journal intime. Alors que Bellah nous guide avec aisance Ă  travers ses pensĂ©es et sentiments les plus intimes, sa voix veloutĂ©e occupe le devant de la scène. Les paroles sont honnĂŞtes, conversationnelles et s’adressent Ă  l’objet de son affection simplement appelĂ© “toi”.

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Le morceau d’ouverture “Stand” est une introduction groovy Ă  la voix luxuriante et au chant mĂ©lodique de Bellah, qui chante les joies de l’amour Ă  temps partiel. C’est la perfection de la pop R&B, portĂ©e par une mĂ©lodie de guitare dynamique et enrichie de superpositions vocales subtiles et d’harmonies cossues. Les instruments sont discrets mais le titre se construit joliment, avant de s’effondrer sur un rythme plus lourd lorsque le dernier refrain se prolonge dans l’intro. Bellah est directe lorsqu’elle dĂ©crit Ă  quel point elle est heureuse d’ĂŞtre dans une relation facile, en chantant “Je ne pourrais pas t’aimer tous les jours / J’ai une vision trop Ă©troite bĂ©bĂ© / Tu te mettrais en travers de mon chemin“.

Good Thing” reprĂ©sente un changement de perspective, dĂ©crivant un scĂ©nario très proche de celui qui consiste Ă  rester sur ses gardes et Ă  se retenir dans une relation par peur qu’elle se termine. Dans les couplets, Bellah suggère qu’elle et son crush devraient ralentir les choses. Loin d’avoir l’attitude froide qu’elle affichait dans “Stand“, son dĂ©sir de mettre un terme Ă  la relation vient plutĂ´t de sa vulnĂ©rabilitĂ©. Avec un rythme lĂ©ger et une mĂ©lodie apaisante Ă  la guitare Ă©lectrique, Bellah exprime le conflit Ă©motionnel qui l’anime.

Le troisième titre : “Easy“, ressemble Ă  un changement de dĂ©cor majeur. Les choses ont Ă©voluĂ© et Bellah a beaucoup de choses Ă  dire. Sur le plan sonore, les choses ont Ă©galement changĂ©. Le piano maintient le rythme tandis que la voix de Bellah transparaĂ®t, claire et brillante, soutenue par des harmonies de chorales angĂ©liques. L’atmosphère sonore rĂŞveuse donne l’impression que Bellah prononce un verdict divin, rĂ©primandant son amant (ou est-ce elle-mĂŞme ?) d’être tombĂ©(s) amoureux . C’est un morceau magnifique, complĂ©tĂ© par un extrait de dialogue oĂą une jeune femme, (probablement Bellah), est rassurĂ©e par une figure maternelle, qui lui dit qu’elle veut sauver les gens parce qu’elle aurait aimĂ© que quelqu’un soit lĂ  pour la sauver dans le passĂ©. C’est un moment doux et intime qui donne Ă  l’album un sentiment d’authenticitĂ© et reflète les expĂ©riences de Bellah.

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Easy” se fond parfaitement dans “Need Me“, le quatrième et dernier chapitre de cette histoire d’amour accĂ©lĂ©rĂ©e. Avec son honnĂŞtetĂ© typique, Bellah dĂ©crit comment elle a acceptĂ© la duplicitĂ© de ses sentiments, admettant “la vĂ©ritĂ© est que je ne t’aime pas, j’aime la façon dont tu as besoin de moi”. Sa voix claire et lumineuse est phĂ©nomĂ©nale sur le rythme lent et lourd de la chanson et les riffs de guitare donnent Ă  la chanson un ton lĂ©gèrement espiègle.

En Ă©coutant “In The Meantime“, on a l’impression de voir sa meilleure amie avoir une rĂ©vĂ©lation sur une relation sans issue. Bien qu’il explore des sentiments de confusion et d’incertitude, grâce Ă  la voix chaude et mielleuse de Bellah et Ă  ses mĂ©lodies dynamiques et entraĂ®nantes, l’EP reste fidèle aux  (très) bonnes vibes de la chanteuse.

En novembre 2020 elle repart Ă  la conquĂŞte des charts avec ce petit bijou : The art of conversation.

Bellah est une artiste qui vit son art comme une thĂ©rapie. Elle parle d’elle, de ses sentiments et de ses Ă©motions. On a donc pu assister Ă  l’éclosion d’une rĂ©elle artiste ainsi qu’à son Ă©volution mentale et personnelle. Dans ce dernier projet, elle tire un trait sur son passĂ© et sur la colère qui l’accompagnait avec “Never loved “(produit par Big Jay) qui est une lettre ouverte Ă  deux hommes qui ne lui ont pas laissĂ© l’occasion de s’exprimer : son père et son ex. Elle met ici clairement son cĹ“ur sur la table et n’hĂ©site pas Ă  montrer sa vulnĂ©rabilitĂ© : « I think i hate him like i hate my daddy Â».

” Cause u can ” est quant Ă  lui le deuxième titre fort de ce dernier EP. Encore une fois, elle se donne totalement Ă  son public en livrant son combat contre la drĂ©panocytose, une maladie gĂ©nĂ©tique hĂ©rĂ©ditaire. Ce titre est Ă©galement l’occasion pour Bellah, de lancer un appel Ă  la communautĂ© noire (majoritairement touchĂ©e par cette maladie) Ă  donner son sang et permettre de sauver des vies.

Bellah évolue, grandit et à travers son art nous pouvons suivre le chemin qu’elle emprunte. Il est indéniable qu’elle est aujourd’hui une figure emblématique du Rn’B britannique et sera sans nul doute celle du Rn’b international de demain.

Stay tuned…

Rachel

A.R
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